Interview de Sabine Fernandez

Sabine, vous participez au Festival des Cinémas Indiens de Toulouse depuis 2014, nous avons envie de vous poser quelques questions.

Sabine Fernandez, vous gérez la compagnie Tendanses Indiennes, vous êtes un professeur de danse reconnu dans le paysage culturel toulousain, voulez-vous bien revenir un peu sur votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a fait choisir la danse professionnelle ? Depuis quand dansez vous et partagez votre pratique de la danse avec vos élèves ?

Je pratique la danse depuis mon enfance : danse rythmique, modern jazz, danse africaine, danse contemporaine, et surtout le flamenco pendant 7 ans, tout en m’intéressant en parallèle à d’autres techniques corporelles telles que le yoga, le taï chi chuan, le qi gong, la méthode Feldenkrais, l’anatomie du mouvement.

J’ai découvert le bharata natyam en 1985 avec Pichatya Manet, ce fut comme une révélation, et depuis, cette passion ne m’a jamais quittée !

J’ai ainsi commencé à enseigner la danse classique indienne à Toulouse en tant que répétitrice sous la direction de mon professeur, puis donné des cours de façon autonome à partir de 1994.

Depuis une douzaine d’années, mon répertoire s’est élargi au bollywood, qui offre une grande liberté et une variété de styles, rendant la danse indienne plus facilement accessible à un large public

Un élément essentiel de mon parcours qui a nourri mon travail a été la recherche chorégraphique et la création de spectacle, afin de mettre la richesse gestuelle et rythmique de cette danse au service d’une inspiration nouvelle.

En solo, j’ai participé à différents projets, spectacles traditionnels ou plus expérimentaux, comme par exemple, avec le danseur Flamenco Juan Jimena, les 2 créations : « d’un rêve à l’autre » en 1999 et « la malle aux épices » en 2001 avec également Caroline Achouri à la danse orientale.

Mon souhait de travailler en musique vivante dans un esprit de fusion m’a amené à créer en 1996 le groupe MASSALA avec Marc Ingrand*, aux « tablas », Aldo Guinart à la flute et au saxophone et Pierre Abbo à la guitare. Pendant plusieurs années, Massala a proposé avec succès ses compositions chorégraphiques et musicales, à la croisée de la tradition indienne et du Jazz.

Parallèlement à cela, j’ai monté la compagnie Tendanses Indiennes pour développer le spectacle « Chennai Mumbai », du Bharata Natyam à Bollywood , avec un groupe de danseuses que j’ai formées.

J’ai également en projet un nouveau spectacle pour enfants !

Vous intervenez jusqu’à présent avec une démonstration de danse avant la projection du film du samedi soir, quel est votre retour sur cette expérience ?

Danser dans un cinéma juste avant un film indien est toujours une belle expérience ! Cela a du sens puisque la danse est souvent au cœur des films bollywood

Nous sommes très proches du public et nous avons très peu de temps pour l’embarquer dans notre univers, il faut donc tout donner d’une façon très intense !

La danse est un point crucial de la majeure partie des films indiens, quel est votre rapport personnel et professionnel aux cinémas indiens ?

Je m’inspire des ambiances et des émotions des scènes dansées, qui arrivent toujours à me surprendre par leur originalité et leur technique qui frôle parfois la perfection !

Vous pratiquez plusieurs danses indiennes, est-ce que vous pouvez nous les présenter ?

Je pratique le bharata natyam et le bollywood. Le bharata natyam est la danse classique du sud de l’Inde, avec une gestuelle et une rythmique très codifiées, le bollywood représente différents styles de danse associés aux chansons de films indiens.

J’organise très prochainement un master class de bharata natyam avec Raghunath Manet, danseur de renommée internationale que j’ai déjà accueilli plusieurs fois à Toulouse.

Les débutants sont les bienvenus !

Il paraîtrait que vous avez des projets, justement, qui vont au-delà de la démonstration de danses indiennes, avec le Festival des Cinémas Indiens de Toulouse, voulez-vous bien nous en parler ?

Il s’agit de proposer une conférence sur la danse au cœur des films indiens avec Frédérique Bianchi, notre première sera présentée dans le cadre du Printemps Indien à l’Université Paul Sabatier à Toulouse le lundi 23 mai à 12h30 à la salle du Cap

Dans l’interview de DJ No Breakfast qui officie à la bollywood party depuis la création du festival, il évoque l’envie de travailler « avec une compagnie de danse sur un spectacle mêlant danse et musique, tradition et modernité », quelle est votre réaction ?

C’est une bonne idée ! La Compagnie Tendanses Indiennes propose déjà un répertoire entre tradition et modernité.

Et vous, si on vous demande ce dont vous auriez envie pour 2017, si possible dans le cadre de la 5ème édition du festival, quelle serait votre réponse ?

Faire davantage connaître les danses indiennes au public, en particulier revaloriser l’image de la danse bollywood qui n’est pas reconnue à sa juste valeur. Au même titre que les autres styles de danse, elle requiert des bases de danse classique indienne, une solide technique, un travail rythmique et aussi une bonne condition physique !

Merci pour le temps accordé, Sabine, on vous retrouvera en première partie de la projection de Tamasha, le samedi 16 avril, au cinéma ABC, avec les danseuses de Tendanses Indiennes.

Les spectateurs peuvent aussi en savoir plus sur vos activités en vous contactant ici :

mail : tendanses@orange.fr

page facebook : toujours pas, mais peut-être un jour ?

site : http://sabine-fernandez.monsite-orange.fr/ (prochainement un nouveau site sera mis en ligne)

* Marc Ingrand est aussi le créateur des affiches du festival depuis la 2ème édition 😉

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Interview de DJ No Breakfast

DJ No Breakfast est aux manettes de la Bollywood Party du Festival des Cinémas Indiens depuis sa création, il y a quatre ans. Cet amoureux de la nuit, qui aime « surprendre les gens, les faire rire, et leur faire oublier leurs soucis quotidiens » est aussi un voyageur passionné, curieux de des cultures et des musiques du monde. Et ses programmations s’en ressentent !

Il revient sur sa programmation de la soirée du samedi 9 avril au Blind Tiger bar.

Qu’est-ce qui t’inspire dans l’organisation de cette soirée ?

C’est pour moi une des rares occasions de passer de la musique indienne « all night long » à Toulouse.

Comment va-t-elle se dérouler ?

La première partie de la soirée sera dédiée aux classiques des films Bollywood des années 60 à 80 sur disques vinyles chinés en Inde.  Pendant la seconde partie je passerai des remix, des mashups (NDLR : une chanson créée à partir d’une ou deux autres chansons pré-enregistrées) souvent inspirés des musiques traditionnelles indiennes ou Bollywood. J’évite les GROS TUBES commerciaux des films Bollywood, car je suis plus intéressé par les jeunes artistes plus originaux, et plus inventifs et subversifs aussi, parfois.

 

Est-ce que les films Bollywood t’inspirent ?

Oui énormément, je m’en inspire dans ma sélection bien sûr mais aussi dans les remix que je passe. Et bien sûr dans les visuels que j’utilise pour mes affiches.

 

Que souhaiterais-tu pour la Bollywood party de la 5ème édition, en 2017 ?

J’adorerais travailler avec une compagnie de danse sur un spectacle mêlant danse et musique, tradition et modernité. L’appel est lancé !

 

Bollywood Party à partir de 22h au Blind Tiger Bar, 61, rue Pargaminieres 31000 Toulouse 05.61.23.90.78 Métro: Ligne A ⦵ Capitole. Entrée libre.

Interview de Jean-Claude Breton

 Jean-Claude Breton, qui a réalisé les photographies de l’exposition I love Mumbai, a commencé à voyager régulièrement en Inde dès 1978, avant d’être en poste pendant près de dix ans à Delhi et Bombay comme représentant général d’un grand groupe industriel français.

A son retour, une fois en  retraite, il a créé AADI  (Alliance Armor Dupleix Inde) dont les objectifs sont de promouvoir des relations entre la Bretagne (et la France) et l’Inde au niveau culturel, éducatif et économique, avec notamment des échanges scolaires et universitaires et des formations sur l’Inde en entreprise. L’association organise chaque année le festival Armor India.

 

Dans quel contexte ces photos ont-elles été prises ?

J’ai découvert ces fresques sur un mur longeant une voie ferrée du sud de Bombay par hasard, fin 2009. Elles avaient été réalisées pour la commémoration des attentats de Bombay (26-29 novembre 2008). Il semblerait qu’elles aient été réalisées par des collégiens à la demande de deux organisations non gouvernementales de Bombay, afin de témoigner de leurs sentiments. Aujourd’hui seules trois ou quatre d’entre elles seulement, sur une trentaine, restent reconnaissables.

 

Les attentats de novembre 2015, tout particulièrement, font écho aux attentats de Bombay en 2008. Quel regard les Indiens portent-ils sur les attentats en France ?

Les indiens ont très largement exprimé leur solidarité, tant dans des rassemblements et manifestations de soutien, que dans les medias.

Mais ils ont aussi fait remarquer que les attentats de Bombay 2008  ( 172 morts) n’avaient pas eu à en France le même traitement à l’époque, et surtout qu’aujourd’hui on ne faisait pas le parallèle entre les deux tragédies qui avaient pourtant obéi au même processus opératoire : un commando indien formé à l’étranger et coordonné de l’extérieur,  des cibles emblématiques. Les attentats étaient destinés à frapper Bombay, capitale économique et cosmopolite de l’Inde, et sa culture occidentalisée.

C’était la première fois que ce scénario était mis en place, par rapport aux « habituels » colis ou voitures piégés.

 

Quelle place, selon vous, ont ces fresques, dans le street art ?

En-dehors des messages de paix et de tolérance, elles ont pour beaucoup d’entre elles une inventivité, une spontanéité  et un art de l’interpellation , voire parfois un sens esthétique, qu’on retrouve bien dans le street art.

 

Que pensez-vous que puisse apporter l’exposition I Love Bombay aux différents publics ?

I love Bombay ( ou Mumbai) était déjà en germe le Je suis Charlie, dans un pays qui à son échelle a d’énormes problèmes communautaires et cherche tant bien que mal à les résoudre ou les gérer au mieux de manière démocratique.

 

Quel avenir envisagez-vous pour cette exposition ?

Après la présentation initiale à Morlaix ( mai-juin 2015) puis Lorient ( Université Bretagne sud, novembre-décembre 2015) et Toulouse, Strasbourg, le Nehru Center de Londres,  et l’UNESCO à Paris sont intéressés.

L’objectif ultime est de la monter à Bombay en 2018, à l’occasion du 10ème anniversaire des attentats de Bombay.Des contacts sont déjà pris avec le gouvernement local, l’ambassade de France et le groupe Tata.

 

  • Informations & contact pour le festival Armor India :

www.aadi-mx.org

www.facebook.com/armorindia

https://www.youtube.com/user/armorindiafestival